MOVIES 2000, LA PETITE BOUTIQUE DES HORREURS

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jeudi 13 mai 2010

CA L'AFFICHE MAL (5)




."j'ai bien kiffé ton dernier Van Damme, Coco, mais j'aimerais faire ressortir davantage son côté intellectuel. Tu vois, tout dans le regard c'est ça : tu mets plus de choses dans le regard. Et pendant que tu dessines, je te récite du Van Damme dans le texte, ça va t'inspirer : Putain, cé bô, mord moi ça : "« Je crois au moment. S'il n'y a pas le moment, à ce moment-là, il faut arriver à ce moment-là, au moment qu'on veut »" Génial, non, ma Môman a adoré ! Et pour les deux autres personnages, tu leur fais la tête de gars qui viendraient de comprendre le coup du "moment des cons vœux au moment d'arriver le moment de nique ta mère tout ça. Vas-y, je sens que ça vient..."



mercredi 12 mai 2010

CA L'AFFICHE MAL (4).




Ou "Mon Dieu comme je l'aimais, ma cabane au Ghana, da " ! (Dimitri Medvedev).
-"Euh, dis-voir, Coco, c'est un scandale cette affiche sur Hulk, tu sais ? Bon, enfin tu vas te racheter. Cette fois c'est du sérieux : Jean-Claude Van Damme en personne !"
- "Ah oui, patron, un grand avec une tronche de cake (Van Damme !) et des fesses de bouc (Facebook?) "
- "Non, mon petit, Van Damme est un philosophe belge. C'est lui qui a dit "Je crois en Dieu....... un plus un égale un. Y'a Jean-Claude, y'a Dieu, dans le même corps. Si on peut s'unifier, on devient ce qu'on appelle les miracles, et chaque personne a le seigneur en soi. We're all one. Je crois VRAIMENT en Seigneur.", il a dit aussi un jour "merde alors, je vais encore rater mon train" ! (on a beaucoup ri !) mais là n'est pas la question. Je voudrais que tu me fasses ressortir le côté "muscles" de sa personnalité profonde. Oui, c'est ça, du muscle, mais sans exagération, hein, je te fais confiance ! Voilà, c'est tout. Comment ? Te payer ??? Ah, ah, ah, ah, ah, ah, ah, ah, ah.... Ils sont décidément impayables ces dessinateurs !!!"



CA L'AFFICHE MAL (3)




Parfois, l'artiste Ghanéen ignore tout du pic à illustrer, alors le patron explique :
-"Oui, donc, c'est un savant, blanc, qui voit rouge après le décès de sa femme à dorer, Le malheureux broie du noir et rit jaune quand des rayons gammas (tous tissus...) le transforme en monstre vert aux yeux aussi violets qu'une chèvre coursée par un légionnaire ("elle sentait bon le chèvre chaud" chantonne souvent après l'irréparable le militaire un peu gris... Ce qui n'a d'ailleurs aucun rapport, sinon sexuel, avec notre sujet...). Oui, le gars super balèze, là, c'est Lou Ferrigno (Gardarem Lou Ferrigno, humfff ! humff... elle est bonne ! Non, au Ghana ça fait pas rire ?). Bien, enfin bref, je t'annonce la couleur , coco: tu me remets ton dessin pour demain midi sans faute, sinon ça va chier ! allez, vas-y, cours, je t'attends déjà."
Et l'artiste repart avec une peur bleue sûrement communicative qui va lui en faire voir de toutes les couleurs, avec le risque de les confondre au moment opportun d'étaler son art sur une modeste toile déjà frémissante....



CA L'AFFICHE MAL (2)




Conscient de semer ainsi la bonne parole, ces super-héros de l'ombre tâchaient de contenter un public, méfiant par nature, qu'il s'agissait dès lors de flatter quelque part (non, pas là, un peu plus haut !).
Ayant ouï dire que le prédator était joué par un Noir ("ah oui, j'ouïs" criait le bien heureux dessinateur qui le démasque (et le décasque), pour mieux nous livrer ce rastaquouère devant beaucoup à la poupée vaudoue de "La trilogie de la terreur", tandis que son collègue lettriste résume bien l'action d'un lapidaire "il arrive en ville avec quelques jours à tuer" (ironie glacée d'un joyeux luron... et pourtant lettriste).
Admirez au passage la chevelure, les sourcils faustiens et la bonne santé de cet écureuil tellement bien monté (aux arbres....) qu'il porte ses noisettes à l'arrière-train. Belle bête quand même ! Et maintenant, un petit coup de Predator 3 ?
"Non, ça ira, merci" !
JPP.



CA L'AFFICHE MAL (1)



Le Ghana est un charmant pays légèrement plus petit que l'Oregon, situé en Afrique de l'Ouest, entre la Côte d'Ivoire et le Togo, juste en dessous du Burkina Faso, pour ceux qui connaissent le coin ! Là-bas, la distribution des films connaît des fortunes diverses. Au début des années 80 les belles salles équipées en 35 mm, vestiges des fastes de l'Empire Britannique, ont disparu depuis belle lurette.
Une firme s'avisa de répandre la bonne parole dans les coins les plus reculés et, ne disposant pas du matériel nécessaire, chargea quelques artistes locaux, d'imaginer à leur guise, non pas le visuel le plus conforme, mais le poster idéal censé impressionner une population encore novice en la matière. Parfois, l'artiste se faisait sa propre idée du film et l'interprétait à sa façon, parfois, faute de n'avoir pu le visionner à temps, il se le faisait raconter par un copain, s'avisant alors de reproduire avec toute l'imprécision que l'on suppose l'enthousiasme de son informateur. Plus tard, avec le développement de la vidéo, certaines boutiques fleurirent ça et là, nommées Lovers Teshie Club, Pal Mal Video Club Tudu, Wall Street Video Club, Rolls Royce Video Club Accra (tenue par deux morues... Non, j'extrapole !), Princess Osu, ou encore Ziggy Video, rendant ainsi la distribution des titres encore plus confidentielle, et, bien sûr, les visuels encore plus extravagants. En fait, les artistes obtenaient ainsi license d'ajouter à leur gré certaines scènes afin de rendre l'affiche plus attractive, connotant volontiers au passage des thèmes locaux, comme cette prolifération de têtes de mort, membres coupés, bestiaire approximatif, et notamment serpents, le tout brossé en des couleurs assez criardes propres à frapper les esprits.
Et, à propos d'esprits frappés, cela donne des résultats inattendus, comme ce visuel de Cobra où le gars a dû se dire "Un film titré Cobra comporte sûrement un serpent quelque part " ! Et de balancer ce reptile hilare dans son poster, euh, comment dire ? dans son poster rieur. Dieu soit loué un fier Stallone relooké Terminator l'attend de Piied ferme. Comme ils disent à Télérama, "ça va chier velu dans l'ventilo" !
JPP.